Vendredi 30 novembre 2018 - Théâtre d'Orléans 20h30

NATHAN LE SAGE

de Gotthold Ephraïm LESSING - traduction, adaptation et mise en scène de Dominique LURCEL

distribution en cours - les comédiens des photos seront pour la plupart, sinon tous et toutes, présents à Orléans.

photos philippe lacombe

            Le lieu? Jérusalem. Le moment? 1187, la troisième Croisade. Le sujet? La rencontre, sur ce fond de ruines, de trois hommes : un musulman (Saladin), un juif (Nathan) et un chrétien (un jeune Templier).

              En amont de l'action, deux gestes singuliers et déclencheurs : la grâce insolite de Saladin accordée au Templier alors qu'il tue au nom de Dieu et le sauvetage du feu d'une jeune juive par ce Templier élevé dans l'exécration absolue du "peuple déicide" selon la doxa de l'époque.

             Le père de la jeune fille, Nathan, un riche marchand, de retour d'un long voyage pour affaire, part en quête du jeune homme pour le remercier ...

                 D'interrogations en rencontres, de rencontres en crise d'identité, de combats intérieurs entre générosité et préjugés, les certitudes sont bousculées, les sentiments d'appartenance mises à mal.

               "C'est la pièce emblématique de tous ceux qui espèrent encore pouvoir ramener le monde à la raison" a écrit Amin Maalouf.

               Aucune autre pièce d'aucune époque, n'aborde avec une telle évidence les questions auxquelles on ne peut échapper aujourd'hui. Et miracle du siècle des Lumières, seul capable d'allier à ce point profondeur et légèreté, celle-ci le fait sous la forme d'une comédie enlevée et bondissante, d'une "folle journée", peuplée de personnages malicieux, joueurs, inclassables qui sont autant de sources de plaisir de jeu pour les comédiens.

            Inscrire Nathan le Sage dans un contexte contemporain, c'est souligner l'urgence et la fragilité de son discours, cerné par les replis identitaires, les folies nationalistes ou intégristes.

Mais où est-il interdit d'espérer ?